Victoire de Miss Tick au Bol d’Or Mirabaud 2021, Velasco en deuxième position, Luc Voile 1 sur la troisième marche du podium

Charlotte Frei
par Charlotte Frei juin 15, 2021 13:00

Victoire de Miss Tick au Bol d’Or Mirabaud 2021, Velasco en deuxième position, Luc Voile 1 sur la troisième marche du podium

Retour du Bol d’Or Mirabaud après deux ans de pause
Course des plus passionnantes pour l’édition 2021 du Bol d’Or Mirabaud, avec pas moins de 95 Surprises ayant pris le départ ! Une météo plutôt compliquée a donné le ton dès le départ de la régate : il fallait jouer fort en tactique, ne rien lâcher, et avoir une concentration de tous les instants pour espérer un bon classement cette année. C’est Miss Tick, de Sarah Jaccaud, qui a le mieux su tirer son épingle du jeu et remporte la classe des Surprises. C’est d’ailleurs le seul équipage à parvenir à priver Velasco d’un doublé Genève-Rolle-Genève et Bol d’Or la même année, puisque celui-ci prend la deuxième place, suivi des jeunes du Luc Voile en troisième position. Après la Genève-Rolle-Genève, le Bol d’Or Mirabaud constituait la deuxième manche de la Top Voiles Cup 2021.

Performances au rendez-vous pour la classe des Surprises
Miss Tick franchit la ligne d’arrivée en 24 heures, 54 minutes et 3 secondes. L’exploit les place en 117e position du classement en temps réel, et ils accrochent une extraordinaire 19e place au temps général compensé, toutes catégories confondues ! Quel tir groupé pour la tête de flotte des Surprises, puisqu’ils se placent sans discontinuer de la 19e à la 28e position du classement général compensé. Tous les classements à trouver ici. Comme quoi, en plus d’être chaque année la classe la mieux représentée en terme de nombre de participants, ces petits bateaux continuent de clamer les avant-scènes parmi les grands ! Interrogée au lendemain de sa victoire, la skippeur de Miss Tick, Sarah Jaccaud, revient sur ses émotions et nous raconte leur course.

Soutien massif et pluie de félicitations pour Miss Tick
Leur équipage était très touché du soutien et des encouragements reçus pendant la course ainsi que les félicitations après leur victoire. « Ca fait vraiment chaud au cœur. C’est incroyable de se dire qu’on a gagné le Bol d’Or, c’était un rêve pour nous, et là c’est devenu réalité ! Les vents ont été avec nous et ils nous ont permis de réaliser cet exploit, on est super contents ! Notre équipage navigue ensemble depuis huit ans (ndlr Cédric Jaccaud, Pascal Lehmann et Sarah Jaccaud) et Antoine Costa nous a rejoints l’année passée. »

Préparation de l’équipage vainqueur
L’équipage ne partait pas pour la victoire, pour preuve la glacière à bord (serait-ce un élément de stratégie décidé lorsqu’ils ont étudié les fichiers météo la veille ?), néanmoins en régatiers affûtés, ils étaient prêts à donner le maximum d’eux-mêmes et ils visaient un top 20. Le moteur était bien entendu laissé à quai à Genève, grâce à l’accueil traditionnel offert aux bateaux participants.

Départ sur le chapeaux de roues et début de course engagé
Ils ont eu quelques frayeurs au départ : « on était limite sur la ligne, on a eu d’ailleurs peur d’être OCS, ça nous a permis de partir avec les airs et de nous dégager. Le tout début de course était compliqué, dans des airs très mous. Assez vite on a décidé d’aller chercher des très petites risées à la côte suisse, ça s’est super bien passé pour nous ». C’était un excellent passage en effet puisqu’à la hauteur du Creux de Genthod ils avaient déjà pris l’avantage sur la reste de la flotte, dont une bonne partie était poussée par les airs vers la côte française. « À la sortie du Petit Lac, on a commencé à douter, mais on a décidé de rester sur notre option et ne pas retraverser le Lac. À partir de là, à ras la côte suisse, on a pu avancer sans discontinuer à 3-4kt alors que les autres étaient arrêtés entre Chens et Yvoire. Jusqu’à nous retrouver à Morges, où on venait chercher le Morget et les autres thermiques de terre. Ca s’est exactement passé comme on l’avait espéré: d’abord le Morget, suivi d’une toute légère bise au large d’Ouchy. C’était un moment magique, on avait creusé une avance de fou sur le 2e et c’était justement ma sœur (ndlr Mélanie Henry à bord d’Hydromel) ! Un moment d’euphorie pour descendre en direction du Bouveret avec le soleil couchant en déboulant à 7kt !

Vents favorables dans le Haut Lac
« Arrivés vers Cully, on pensait que ça deviendrait compliqué et ça a été le cas au large de Vevey : plus rien. On a pensé que la flotte allait revenir sur nous. Mais les vents sont restés favorables car très vite un magnifique thermique descendant de la côte française est venu à nous et on repartait à 7kt pour passer Le Bouveret à 22:50 en première position, devant la quasi totalité de la flotte des Grand-Surprises aussi, et avec deux heures d’avance sur ma sœur. »

Redescente seuls au monde
Entourés de bateaux bien plus grands qu’eux, ils font route mi-Lac pour redescendre vers le Petit-Lac. Même sans bataille à livrer avec des concurrents directs, ils n’ont rien lâché : à bord de Miss Tick, personne n’a dormi pour le moment. Le positionnement leur permet de retoucher le Morget qu’ils avaient eu à l’aller. La skippeur poursuit: « tout se passait comme dans un rêve jusque-là. On pensait pouvoir continuer avec des thermiques dès l’entrée dans le Petit Lac et que la victoire allait peut-être nous tendre les bras.

Douche froide à l’entrée du Petit Lac
« Sauf qu’en arrivant à Yvoire, c’était la douche froide pour nous et plus aucun flux d’air pour nous faire avancer ! On a dû prendre trois heures à faire Nernier – Messery. Et pendant ce temps-là, on voyait que le reste de la flotte touchait des airs et avançait à 5kt pour nous revenir dessus alors que nous on était à zéro ! C’était un moment terrible, on voyait déjà notre victoire nous échapper, notre avance fondait avec les autres qui revenaient plein balle depuis derrière. On a fait ce qu’on a pu pour gagner 10cm par 10cm et on s’est accrochés même si c’était hyper difficile. Et heureusement, du vent du nord a fini par s’établir, et on a même pu accrocher des petits appels par l’avant, qui nous ont permis d’avancer certes moins vite, mais d’avancer quand-même, et surtout de conserver l’écart qui nous restait. On redoutait de rattraper ce flux d’air, s’arrêter avec et voir les poursuivants nous dépasser. Heureusement on ne l’a jamais rattrapée et il s’est posé dans la Rade avant qu’on y arrive et nous a soutenus jusqu’à la fin.

Finish sous tension maximale
« On avançait quand-même moins vite que les autres, et ils revenaient au taquet sous spi derrière nous. La tension était extrême pour cette matinée d’arrivée. Et ensuite on a passé la ligne, et là, c’était la délivrance, on en revenait pas d’avoir gagné le Bol d’Or, c’était juste incroyable!  » Quelle performance pour eux, dont on imagine la joie de remporter pour la première fois le Bol d’Or Mirabaud qui est, rappelons-le, la plus grande course en eaux fermées et qui est le rendez-vous incontournable du Lac Léman pour de nombreuses générations de navigateurs maintenant. Ils inscrivent leurs noms au palmarès de la classe Surprise au terme de cette magnifique bataille.

Remise des prix sans public
La remise des prix s’est tenue sans public, toutefois les navigateurs ont amplement été félicités et la fête a été belle jusqu’au dimanche soir, notamment grâce au dispositif massif de retransmissions live et commentaires de la course mis en place. À noter encore une performance de la classe Surprise avec le prix spécial dédié aux équipages 100% féminins qui est revenu aux navigatrices de Jawa. Nos félicitations sont adressées aux vainqueurs, à leur dauphins sur le podium, ainsi qu’à tous les acolytes du Surprise qui ont pris le départ de cette course absolument mémorable ! Le rendez-vous est dores et déjà pris pour 2022!

📸 Loris Von Siebenthal
📸 Gilles Martin Raget
📸 Mateo Giraud
📸 Miss Tick

Charlotte Frei
par Charlotte Frei juin 15, 2021 13:00